L’on sonne à ma porte. je n’attendais pourtant personne. enfin si, mon amie qui doit arriver plus tard. qui cela peut bien être puisqu’elle m’a dit n’arriver que dans presqu’une heure ? je vais ouvrir. Elle est là. Elle. Elle me dit avoir fuit le poids de son couple pour passer un moment avec moi. Etrange. Elle me parle. Je lui répond. Elle me parle d’étouffer dans son monde, dans sa vie. Je l’écoute. Elle parle d’un ailleurs, de s’envoler, de Goldmann. Elle me dit qu’avec moi s’est différent. Elle me dit qu’avec moi, elle se sent vivre. Elle me dit qu’avec moi, elle est ce qu’elle veut être. Elle souffre. Elle a mal. Je prend peur, une lutte encore indicible comme à faire surface. Celle que j’attendais arrive. Elle me libère et m’emprisonne. Que dire ? Que penser ? Que comprendre ? Je suis tiraillé par un fantasme, par cette résurgence d’un fuguasse désir. J’ai promis. Mais elle va mal, m’a t elle dit. Je perd pied au travers de conjectures, de non-dits, des secrets de Polichinelle. N’en veut elle pas un de polichinelle d’ailleurs ? de celui qu’elle aime ? L’on sonne à ma porte, encore une fois je n’attendais personne. enfin si, presque personne. Un collègue malfaisant toujours en retard, toujours à mentir pour se couvrir. Une personne qui n’a de mérite d’exister que parce que les probabilités sont trop laxiste. Qui suis je pour le blâmer ainsi ? Celle qui ce jour là a découvert qu’il s’amusait à prendre à parti mes proches et moins proches pour mieux essayer de m’humilier. Elle aussi m’a dit qu’elle reviendrait peut être. Quand on souffre un ”peut être” est trop souvent bien définitif. Je vais ouvrir. Elle est là. Elle. Elle me dit vouloir retrouver ce moment de tranquillité de la veille. A t elle seulement conscience de ce que c’est à mes yeux la loyauté ? Sait elle ce qu’elle veut ? Elle me dit souffrir. Elle me dit avoir mal. Elle me dit avoir mal au dos et sait que mes massages l’apaise. Elle me dit me voir comme sa soeur. Je la vois comme une soeur. Je la masse. Je sens quelque chose, la lumière caractéristique de l’obscurité : des grandes traînées de griffes résistant sans réussir à une inévitable absorption et extinction. J’arrête de la masser. Je fais une pause, puis reprend le massage. Au fou aurais je crié si un ami m’avait conté pareil histoire. Au fou, celui qui se croit suffisamment fort face à son pire ennemi : que savent les autres de lui même qu’il ne sait pas encore ? Orgueil ou Vanité ? aucun des deux malgré tout ce que l’on peut penser. J’arrête le massage. Je lui dis que j’ai à faire. Je lui dis aussi ”tu l’aime et penses à lui, alors va à son chevet te réconcilier, c’est mon ami et je sais qu’il t’aime aussi”. Elle part avec un sourire apaisé. Je pense avoir réussi à démêler une situation merdique. Et moi dans tout cela ? Moi, j’ai mal mais je me tais. Je me tais parce quand bien même j’ai mal, j’ai aidé mes amis et comme dirait MasterCard “it’s priceless”. Alors quelque soit ma douleur, elle ne sera jamais de trop pour me permettre d’aider les autres. L’on sonne à mon téléphone, je ne m’attendais pas à Elle. “c’est moi” me dit Elle. C’est elle me dis je. Elle. * Je n’ai pas de nouvel de toi depuis – depuis quoi ? – cette fois là. * tu m’en veux n’est ce pas ? tu m’en veux c’est ça ? * non. je ne t’en veux pas – comment le puis je, au fait ? n’ai je pas aidé quelqu’un qui souffre ? comment en vouloir à quelqu’un qui souffre ? – . Je savais que tu l’aimais et que tu l’aimes. Tu n’en as eu que la preuve flagrante. * Ah, cela me soulage. je me sentais mal par rapport ce qui c’est passé. * A quoi bon ? il ne s’est rien passé. * Cela reste entre nous ? * bien sur. Pourquoi parlé d’une chose qui n’a pas existé ? – ma douleur existe, mais je n’en parle pas, je la mure, je la mûris, j’en meurs, elle me te tue dans ce silence assourdissant. qui arrivera à m’entendre ? – * bisou * bisou