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quand tu m’a vu dans la petite rue
tu as eu envie de te mettre à nu
d’un mouvement, d’un geste osé
ta main velue a claqué
ne sachant que faire
s’envoyer en l’air
je t’ai proposé
aguicheuse
prostituée
menteuse
nous sommes allée dans une ruelle
ma main sur ta poutrelle
mes vetements furent arraché
et mon visage collé
à ton membre excité
violence obsédée
je le pris en bouche
seul instant farouche
tandis que mes mains glissèrent
tirant tes bourses en l’air
comprimant ainsi tes orchides
mastiquant ton vis exsangue
tu devient le candide
subissant ma harangue
ton cri, tes larmes
ton vis seul charme
te furent arrachés
puis présentés
à tes levres
pauvre mievre
tu tombas à terre
te trainant en hère
en me suppliant
là maintenant
de t’achever
avec mon pied

Chaque jour, qui passe me ronge un peu plus. Je ne leur parle plus ni à Elle ni à son conjoint et ami à qui je ne sais comment dire le choses. L’on sonne à mon téléphone. C’est mon amie. Elle ne se souvient de notre conversation de la veille au soir mais se souvient que nous avons discuté. Ce fut une conversation étrange. J’essaie de minimiser la teneur de la discussion. Sa mémoire revient, elle m’accuse de mentir. J’essaie de la rassurer, elle ne comprend pas mon attitude. Elle ne comprend pas pourquoi j’ai délibérément feint ne pas me souvenir de ce qu’elle avait parlé dans son demi-sommeil et sous l’emprise de somnifère. Elle me le reproche. L’on sonne à ma porte. Mon amie est là. Nous nous retrouvons. J’arrive enfin à toucher son corps. Nous nous aimons. Je m’effondre doucement mais sûrement. Au bout d’un moment, je me sens capable de livrer, de me délivrer de ce poids. Oh ! terrible erreur que de croire que l’on peut parler de cela sans un encadrement adéquat ! Mon amie est hors d’elle même. Elle m’accuse de l’avoir voulue, de l’avoir désirée. Elle me reproche ma lâcheté de ne pouvoir assumer mes choix. Elle me condamne pour mes mensonges, mes duperies, ma trahison. Elle pose un ultimatum : si tu veux que je reste, alors, raconte à celui que tu considère comme ton ami ce qu’il s’est passé. Je lui explique que c’est condamné cette amitié, que c’est me donner un choix impossible. Elle insiste. Je cède. Nous sommes déjà le matin. Je prend mon téléphone et j’appelle mon ami. Il décroche, je lui parle. Il encaisse la nouvelle tant bien que mal et me dit qu’il me rappellera. Des mois se sont écoulées. Plusieurs années se sont passée depuis ces évènements. Mon ami ne m’a jamais rappelé, n’a jamais répondu à mes mails. Mon amie m’a quittée plusieurs mois après cet évènement m’accusant de tous ses maux. Et je reste hantée par mes souvenirs et mes plaies.

L’on sonne à mon téléphone. C’est Elle. Elle souhaite que nous nous revoyons. Je ne veux pas. Je refuse. J’invente une excuse. L’on sonne à mon téléphone. C’est Elle. Elle souhaite que nous nous revoyons. Je ne veux pas. Je refuse. J’invente une excuse. L’on me réveille par mon radio reveil. Nicolas Demorand interview une femme. Il s’agit d’un anti-manuel. Je somnole encore, je ne comprends rien de ce qui se dit. Ce que je sais, c’est qu’il faut absolument que je me procure deux exemplaires de cet ouvrage. L’on sonne à mon téléphone. C’est Elle. Elle souhaite que nous nous revoyons. Je ne veux pas. Je refuse. Elle insiste est déjà près de chez moi. J’appelle mon amie. Je la supplie de me rejoindre, je la supplie d’être à coté de moi. J’ai besoin elle. Elle arrive, mon amie aussi. Nous allons dans un café discuter. Je remets un exemplaire de l’anti-manuel à mon amie avec comme seule explication ” j’en ai entendu parlé ce matin, il me semble très bien “. Je ne sais même pas pourquoi je fais cela. Je ne le comprendrai que plus tard. Tant que Elle reste, je m’arrange à rester avec mon amie dans ce café. Au bout d’un moment, il se fait tard. Je propose à mon amie de passer à la maison car je devais voir quelque chose avec elle. Elle ne comprend pas. J’insiste. Elle nous quitte. Je fuis avec mon amie chez moi. La semaine se passe. Elle semble avoir compris que je ne souhaite pas revivre ce qui s’est passée. Mais qu’a t elle réellement compris de ce qui s’est passée ? Elle rentre chez Elle dans sa famille, dans son foyer. Je souhaite au plus profond de moi qu’elle puisse souffrir ce que j’endure. Je la maudis, Je la hais. Chaque jour qui passe, j’essaie de me laver un peu mieux de cette souillure. Je sais que je ne dois rester avec ce secret qui me ronge … mais je n’ai pas la force de m’exprimer.

L’on m’appelle au téléphone. C’est Elle. Elle. Elle me demande pourquoi je ne l’ai pas appelé. J’invente. M’en veux tu pour vendredi soir ? me demande t Elle. Non, lui dis je. Elle me propose de passer me voir. Je lui demande de m’appeler quand elle arrive pour que l’on ira boire un verre dehors. L’on sonne à ma porte. C’est Elle. Je lui propose que nous descendions de suite boire un verre, que je puisse fuir ce chez moi antre en devenir de ma propre perte.J’ai besoin d’aller aux toilettes et de me reposer un peu, la côte jusqu’à chez toi est épuisante, me dit Elle. Je faibli, je cède. Elle rentre. Elle s’absente puis s’assied pour se reposer. Je lui propose que l’on sorte. Il fait trop chaud me dit Elle. Nous discutons. Elle se rapproche. Elle pleure. J’essaie de la réconforter. Elle me dit qu’Elle n’en peut plus des autres, de penser pour les autres, de se nier pour les autres. Elle me dit qu’elle veut s’exprimer, qu’elle veut se laisser aller. Elle dit qu’elle a envie de moi, qu’elle m’aime. Je lui dis qu’elle a un mari qu’elle a un fils, qu’elle ne peut pas faire comme si ils n’existaient pas. Elle me rétorque qu’elle s’en fout, qu’elle ne veut pas savoir, qu’elle veut s’exprimer, qu’elle veut m’aimer. Je lui dis que si elle m’aime elle ne peut se foutre de mon avis, qu’elle doit respecter mon refus. Elle s’en fiche, Elle veut prendre ce qu’Elle veut, ce qu’Elle désire coute que coute. Et moi ? je disparais dans un sanglot, quand nos bouches se rencontrent. Je reviens à moi lorsque ses griffes me déchirent mon dos. J’ai mal. Elle cesse de m’embrasser, pour jouer avec mon corps. Mes larmes coulent et Elle ne se rend compte de rien. Elle a sa tête sur ma cuisse gauche, un rayon de soleil passant au travers des volets clos inonde son visage. Elle rit, je ne comprends rien à ce qu’Elle raconte. Elle veut plus, Elle me veut moi, Elle veut profiter de moi. Je lui exprime mon refus, elle n’en a que faire. Je suis perdue, j’abdique ne voyant d’autre issu. Elle jouit tandis que je sanglote. Elle semble heureuse, ne se doute Elle de rien ? Elle se rhabille, j’ai besoin d’être seule. Elle me propose de sortir, je lui que je me sens mal, que j’ai besoin de m’isoler. Je la raccompagne, à la porte. Elle me dit qu’Elle m’aime qu’Elle a aimé. Je n’arrive qu’à lui dire ” J’espère que cela te fera un bon souvenir, pour moi, cela n’en sera pas “. Elle se détourne. Je referme la porte, et cette souffrance familière, cette salissure déjà connue m’enlace de ses bras. J’ai besoin de me laver, de boire, de me vider, de me rincer …

L’on sonne à mon téléphone alors que je n’attendais personne. C’est Elle. Elle ? Elle se sent mal, Elle aimerait être au loin. Moi ? Moi dans un demi sommeil, je lui dis qu’ils se font suffisamment de mal et qu’ils ont besoin de vacances. Je lui qu’elle peut prendre des vacances, qu’un couple se fait à deux, c’est à dire que les deux doivent avoir une vie aussi à l’extérieur sans quoi ils s’étouffent mutuellement. Elle me dit qu’Elle va y réfléchir. L’on sonne à mon téléphone. C’est Elle. Elle me dit qu’elle va mal, que patati que patata. Il est tard, de toute façon, en ce moment, j’arrive à dormir de moins en moins. Puis son petit pleure. Il est près du petit. Elle crie sur Lui. Elle prend son petit, le téléphone toujours allumé, moi toujours à l’autre bout. Elle dit “Je t’aime”. Elle le répète, insiste, l’interprète. à qui le dit elle ? pour qui ? pourquoi suis je là ? pourquoi je ne peux rien faire ? Je l’appelle Lui. Nous discutons, nous parlons d’Elle. J’évoque un point de la veille. Il est surpris. Je mens, j’affabule, je me corromps, je me compromets, je commence à le perdre, je termine de me perdre. J’ai mal. La journée se passe et je dors de plus en plus mal alors que tout se passe bien. J’essaie d’aider mes amis, cela devrait aller bien. Mais chaque fois que je m’évoque cette évidence, j’ai mal, j’ai envie de pleurer. Mon amie trouve que je me renferme. Elle a sympathisé avec mon amie. Mon amie me dit d’Elle “je l’apprécie”. Elles s’appellent longuement me dit elle. “Elle est devenue ma confidente, nous avons tellement de point commun, et une histoire commune” me dit mon amie. L’on m’appelle à mon téléphone. C’est Elle. Elle me dit qu’elle va venir bientôt chez une amie pour passer une semaine à Paris. Elle me dit aussi que nous pourrons nous voir. Si tu veux, lui dis je, cela pourrait être sympa. L’on m’appelle à mon téléphone. C’est Elle. Elle me dit qu’Elle arrive vendredi vers midi et son hôte, celle qui l’héberge, ira la chercher à la gare. Je lui dis que le vendredi après midi est mon après midi de RTT. Nous nous donnons rendez vous au métro. Elle, son hôte et moi même, se rejoignons. Elle pose sa valise chez son hôte. Nous allons déjeuner. Elle dit être venu pour s’éclater, faire un break, une parenthèse. Elle dit respirer enfin, vivre enfin. Elle dit s’en foutre de tout. Elle dit s’être enfin envolée. N’ayant rien prévu de particulier, je les accompagne faire les soldes. Il commence à se faire tard. Nous décidons de rentrer vers nos pénates respectives. Durant le chemin, Elle me prend la main. Je suis tétanisée. Nous sommes enfin au métro. Nous nous faisons la bise. Elle me demande quand est ce que l’on se reverra. Je lui dis que je la rappellerai parce que je ne sais pas. Elle me lâche la main. Lentement, je pars. Discrètement, j’accélère. Subrepticement, je cours. Officiellement, je suis en retard. Officieusement, je fuis. Samedi, la journée passe, repasse, dépasse, trépasse. Je me retrouve à me masturber de manière compulsive pour la n-ième fois. C’est étrange, depuis combien de temps cela ne m’était arrivé ? Depuis combien de temps n’avais je pas eu cette recherche de plaisir et e violence ? La journée continue à vouloir jouer les prolongations. Enfin, mon amie arrive. Nous passons la nuit ensemble. Mon amie m’avait dit avoir découvert après mon récit, que l’on pouvait se masturber autant. Je lui avais répondu avec cet humour qui me caractérise : “Personne ne cours un marathon sans entraînement”. Cette nuit là, ce n’est pas un marathon que nous avons connu. La matinée non plus. A un moment, puisque toute chose a une fin, je ne peux plus rien et mon amie non plus. Je lui demande si elle ne veut pas rester. Mon amie me répond qu’elle a des obligations et qu’elle doit s’y tenir. Mon amie s’éloigne et ma terreur revient.