Nathoo's blog

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samedi, août 9 2008

rêverie urbaine

Je marche dans la rue. Les passants passent, les promeneurs se promènent, et je suis d'un rythme soutenu le chemin de mes pensées. Mon pas me mène sur une grande artère. Il y a foule. Je m'avance doucement. La foule me happe, m'absorbe. Je me sens fondre en elle, descendre en elle, disparaître en son intérieur. Un doux sentiment de solitude m'emplit progressivement.

J'y suis ! j'ai enfin l'isolement désiré. Je me laisse porter par le flot. Le temps ralenti. La foule devient plus dense, plus présente. Les distances s'amenuisent. Le flux devient caresse. D'abord, effleurement hésitant. Je ne veux pas résister, je peux pas résister. Ma respiration s'accélère. l'effleurement devient effeuillement. Par la pression, mes vêtements deviennent imperceptibles. D'abord mes bras, puis mon dos. Ma respiration s'arrête l'espace d'un instant, la naissance du cou est mise à nue. une alarme retentis au loin, je n'en ai que faire.

Ces caresses reprennent. elles dessinent des cercles sur ma nuque, sur mes épaules et descendent doucement à la naissance de ma poitrine. Un sursaut les arrêtent. Je reste suspendue, haletante, suppliant que tout reprenne. Les caresses repartent du bas du dos, remontent puis redescendent. Mon visage s'empourpre, une chaleur envahit mon ventre. Pas là, pas maintenant.

Mes jambes découvrent l'assaut de ses désirs. Je tressaute. Encore cette alarme. Mes jambes se resserrent. chacune de ces avancées laissent un bouillonnement béant d'envies et plaisirs. Je ne suis plus que soupirs et voluptés. Mon désir est à son comble. son ardeur se fait pressante.

N'en pouvant plus, je me laisse envahir, je le laisse me posséder. Nos corps deviennent moite, nos odeurs deviennent acre. je gémis au rythme des mouvements. Toujours cette alarme. La prochaine fois, je m'énerve. La danse de nos corps reprend. Les saccades de nos plaisirs se mêlent. Je jouis d'un profond souffle. Mes jambes sont en coton. Mon coeur bât comme un diable. L'alarme retenti.

Je m'active, je m'entend dire "excusez moi, je descend ici". Arrivée sur le quai du métro, je me retourne et fais un dernier signe à mon amant d'un trajet.

lundi, juillet 21 2008

Souvenir en hypermnésie

Doucement, je me vide. Doucement, une lente torpeur m'étreins, me caresse. La lumière se dilue dans l'espace, mon regard la poursuit.

Je tressaute, je sursaute tel une convulsion rejouée au ralenti. L'Oeil m'observe. Je l'affronte. Je sais ce qu'Il attend de moi. La tempête est passée, il faut faire place net, j'encombre.

Je me retire doucement, je me retire discrètement. Après avoir envahi, avoir conquis, avoir noyé, telle une crue, je me retire en mon lit.

Dans un mouvement sans fin, je rejoins mon monde, mon onde. Je m'écoule pour remplir ma place délaissée. Une appaisante chaleur m'envahit. Pas suffisante pour m'emporter, me faire m'évaporer. Je transpire.

Je réalise que je m'efface dans l'ombre, pourtant, cela ne me fait pas peur. L'Oeil est toujours là, je le vois las.

J'ai un dernier élan de révolte, je me secoue, je me débat, je refuse ce sort, je refuse de me voir finir ainsi. La colère, la tempête monte en mon sein. Je me sens retrouver des forces. Je fixe l'Oeil et je le défie. Je sais qu'il ne peut rien contre moi. Alors je m'agite, je fulmine, je fais mine de vouloir le terrasser. Mais les faits sont là, je suis épuisée et j'ai besoin de Lui.

Je m'affale, je m'éffondre, l'Oeil me regarde victorieux. Bien que je pouvais le détruire, j'ai l'intime conviction qu'Il a encore une fois gagné. J'hurle à son attention " tu n'as que cette victoire pour te satisfaire, moi, j'ai le souvenir de la lutte ". Son regard s'attendrit.

Ma fronde fut une nouvelle fois vaine. Je suis là, affamée et sans limite et pourtant, je ne peux rien faire d'autre que rester tapis dans l'ombre.

Je ne sais plus pourquoi encore une fois j'ai tempêté ...

Je ne sais plus ou je suis ...

Enfin je me disloque, je ne sais plus qui je suis ...

Je ne sais plus ...

... et l'oubli m'emporte.

samedi, mars 8 2008

paroxysme de la violence

Chaque pas me donne envie de frapper, de brûler, de déchirer. Chaque son me nourrit et décuple ma puissance. La lumière, à l'instar de Superman, finit de me permettre d'exister.

Il me suffit d'un rien, pour que mon courroux se déverse, que mes laves s'écoulent en brûlant. Dès que j'ai choisi ma cible, je me contracte rassemblant mes forces, et attend quelques secondes. En l'espace d'un éclair, je me lève, je bondis, je m'étire, je m'écoule, j'envahis. Mon objectif est d'occuper la moindre parcelle de terrain, de ne laisser aucun espoir, de tout annihiler. Quand tout m'appartient, je me recontracte, je me retire, donnant une lueur d'espoir à ma cible. Elle croit pouvoir se remettre, mais tout cela n'est que tactique pour me nourrir. Et dès que ma cible semble se refaire des forces, je frappe de nouveau, plus violemment, plus intensément, plus douloureusement.

J'aime cette sensation de domination totale, de pouvoir absolu sur ma victime. Elle est à moi, elle m'appartient, et rien ne pourra la sauver que mon bon vouloir. L'on pourrait envoyer la police que personne ne me trouverait. J'existe, je suis là et sévit et pourtant personne ne pourra jamais me capturer m'arrêter. Je m'exalte de voir le corps de ma victime se contracter, hurler, souffrir. Le répit laissé n'est que pour me laisser le temps de choisir un meilleur lieu de frappe.

Elle revient doucement à elle, je me déplace doucement, je glisse sans un bruit, je me contracte. Je la vois essayer de se relever. elle me supplie de la laisser en paix, de l'achever, de la libérer de mon emprise. Je n'en ai que faire. J'ai enfin choisi un nouvel endroit, un nouveau lieu de souffrance et torture. Je commence par électrocuter, car cela est impoli de ne pas se présenter quand on arrive pour la première fois quelque part. J'intensifie mes décharges, tout en regardant ce corps, ce tas de viande se contracter de manière spasmodique, de manière épileptique.

Je m'arrête.

J'explose encore une fois. j'irradie. j'innonde. je consume tel une lampe incandescente pressé sur les chairs. ma victime hurle sans voix, pleure sans larme, puis fini par tomber inconsciente.

Je crie victoire. Encore une fois, j'ai gagné. Je savoure ma victoire en regardant la chose de plus en plus informe qui se trouve sous mes yeux. Je suis satisfaite, je me délecte de se doux nectar, de cette douce jouissance que cette nouvelle victoire procure. J'ai toujours peur d'un jour en être blasée, mais il n'en est rien.

J'attend qu'elle se réveille ...

Je suis la migraine de Nathoo.