J'ai commencé il y a quelques jours ce blog. Si au début, l'inspiration me venait facilement. Aujourd'hui, il n'en est rien. Je pourrais blâmer cette migraine qui m'assaille le crâne depuis le début de la semaine, ou les salves d'AVF qui viennent s'y superposer. mais cela serait me mentir que d'essayer de croire que ce n'est que cela qui nourrit ce vide. Je pourrais blâmer ma mère pour son attitude ridicule mardi dernier à utiliser tout un registre discursif que je n'avais jamais entendu dans sa bouche. Mais encore une fois, la profonde tristesse qui en découle n'est pas responsable de ce vide.

Je me souviens que J. , qui admirait Jean Genet, m'avait dit en substance qu'il faut avoir souffert pour avoir quelque chose à écrire de beau. Il me parait évident qu'il est nécessaire d'avoir un support d'expression pour arriver à exprimer quelque chose. Et si la souffrance qui est un des lieux communs émotionnels, reste une évidence affligeante, il me semble que le plaisir peut être un support d'expression. Toujours est il, que ce n'est ni mes souffrances ni mes plaisirs qui me coupe la chique.

Je n'ai jamais vraiment fait d'effort dans ma vie. Je ne parle pas d'une aisance financière dont je ne dispose pas. Je parle au niveau de l'effort qui permet de produire un résultat. Si par moment, j'ai eu des accès d'excellence, je me suis trop souvent contentée d'une certaine médiocrité qui satisfaisait les autres. Que cela soit à l'école, au collège, au lycée, et dans les différents postes que j'ai pu occuper.

Mon seul défi sérieux que j'ai relevé est la communication orale ; essayer de comprendre les autres, essayer de me faire comprendre. C'est pourquoi plus le temps passe et plus je me tourne vers ce qui représente un défi pour moi : l'expression.

Ce soir, je n'avais rien à dire. Ce soir, je n'avais pas envie d'écrire. Ce soir aurait pu être un soir comme n'importe quel autre jour de ma vie où je suis mon inspiration et mon intuition. D'un point de vue technique, elles répondent souvent à l'ensemble des attentes. Quand il s'agit de communiquer, elles peuvent être très utiles, mais sans domestication elles restent des alliées bien capricieuses.

Je ne sais pas si j'y arriverai. Puisque je tend vers la conclusion de ce billet, il me plait à penser que ce soir est le premier soir où je fais un effort d'écriture pour domestiquer mon inspiration et mon intuition. Des talents en friche depuis des années ne se domestiquent pas en un soir, mais ce soir ressemble à un premier pas vers l'inconnu.

PS : Ce billet ne me satisfait pas. Je me trouve puante dedans. Il y a quelque chose qui me dérange dans sa construction. Je n'arrive pas à l'identifier. peut être est ce simplement parce que je parle d'une chose qui crée un malaise en moi ...