L'on sonne à mon téléphone alors que je n'attendais personne. C'est Elle. Elle ? Elle se sent mal, Elle aimerait être au loin. Moi ? Moi dans un demi sommeil, je lui dis qu'ils se font suffisamment de mal et qu'ils ont besoin de vacances. Je lui qu'elle peut prendre des vacances, qu'un couple se fait à deux, c'est à dire que les deux doivent avoir une vie aussi à l'extérieur sans quoi ils s'étouffent mutuellement. Elle me dit qu'Elle va y réfléchir.
L'on sonne à mon téléphone. C'est Elle. Elle me dit qu'elle va mal, que patati que patata. Il est tard, de toute façon, en ce moment, j'arrive à dormir de moins en moins. Puis son petit pleure. Il est près du petit. Elle crie sur Lui. Elle prend son petit, le téléphone toujours allumé, moi toujours à l'autre bout. Elle dit "Je t'aime". Elle le répète, insiste, l'interprète. à qui le dit elle ? pour qui ? pourquoi suis je là ? pourquoi je ne peux rien faire ?
Je l'appelle Lui. Nous discutons, nous parlons d'Elle. J'évoque un point de la veille. Il est surpris. Je mens, j'affabule, je me corromps, je me compromets, je commence à le perdre, je termine de me perdre. J'ai mal. La journée se passe et je dors de plus en plus mal alors que tout se passe bien. J'essaie d'aider mes amis, cela devrait aller bien. Mais chaque fois que je m'évoque cette évidence, j'ai mal, j'ai envie de pleurer.
Mon amie trouve que je me renferme. Elle a sympathisé avec mon amie. Mon amie me dit d'Elle "je l'apprécie". Elles s'appellent longuement me dit elle. "Elle est devenue ma confidente, nous avons tellement de point commun, et une histoire commune" me dit mon amie.
L'on m'appelle à mon téléphone. C'est Elle. Elle me dit qu'elle va venir bientôt chez une amie pour passer une semaine à Paris. Elle me dit aussi que nous pourrons nous voir. Si tu veux, lui dis je, cela pourrait être sympa.
L'on m'appelle à mon téléphone. C'est Elle. Elle me dit qu'Elle arrive vendredi vers midi et son hôte, celle qui l'héberge, ira la chercher à la gare. Je lui dis que le vendredi après midi est mon après midi de RTT. Nous nous donnons rendez vous au métro.
Elle, son hôte et moi même, se rejoignons. Elle pose sa valise chez son hôte. Nous allons déjeuner. Elle dit être venu pour s'éclater, faire un break, une parenthèse. Elle dit respirer enfin, vivre enfin. Elle dit s'en foutre de tout. Elle dit s'être enfin envolée. N'ayant rien prévu de particulier, je les accompagne faire les soldes. Il commence à se faire tard. Nous décidons de rentrer vers nos pénates respectives. Durant le chemin, Elle me prend la main. Je suis tétanisée. Nous sommes enfin au métro. Nous nous faisons la bise. Elle me demande quand est ce que l'on se reverra. Je lui dis que je la rappellerai parce que je ne sais pas. Elle me lâche la main. Lentement, je pars. Discrètement, j'accélère. Subrepticement, je cours. Officiellement, je suis en retard. Officieusement, je fuis.
Samedi, la journée passe, repasse, dépasse, trépasse. Je me retrouve à me masturber de manière compulsive pour la n-ième fois. C'est étrange, depuis combien de temps cela ne m'était arrivé ? Depuis combien de temps n'avais je pas eu cette recherche de plaisir et e violence ? La journée continue à vouloir jouer les prolongations. Enfin, mon amie arrive. Nous passons la nuit ensemble. Mon amie m'avait dit avoir découvert après mon récit, que l'on pouvait se masturber autant. Je lui avais répondu avec cet humour qui me caractérise : "Personne ne cours un marathon sans entraînement". Cette nuit là, ce n'est pas un marathon que nous avons connu. La matinée non plus. A un moment, puisque toute chose a une fin, je ne peux plus rien et mon amie non plus. Je lui demande si elle ne veut pas rester. Mon amie me répond qu'elle a des obligations et qu'elle doit s'y tenir. Mon amie s'éloigne et ma terreur revient.