Nathoo's blog

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jeudi, août 7 2008

Découverte d'un trait

Quand est ce que j'ai dessiné pour la première fois avec ce trait ? j'étais dans une file d'attente, une queue. je lui demandai : " au fait, R., qu'est ce que c'est ? ". R. me répondit " c'est un sucre ". Et il se mit à rire de bon coeur. Je regardai le trait noir au bic, les contrastes entre noir et blanc, les courbes, les lignes, les angles, les crocs, ...

Nous attendions pour prendre notre plateau repas à la cantine. C'était en classe de 1ère section E. J'étais en 1992, et je découvrais pour la première fois de ma vie un monde sans mon passé, un monde où je pouvais tout réinventer, tout reconstruire. J'avais envie de dessiner de manière compulsive.

J'en avais marre de ne dessiner que des corps mutilés, décharnés, hurlant peine et douleur, rage, colère et tristesse. Des visages difformes cachant un fatras de machine sous les chairs déchirées, des machines où des viscères pendantes sous leurs dernières traces d'humanité, des paysages désolés, des maisons détruites, peuplaient mon expression dès que je voulais m'exprimer ailleurs qu'en mon fort intérieur. J'avais besoin de m'exprimer autrement, de m'exprimer différemment. Ce trait fut pour moi, le premier pas d'une libération.

J'ai attendu tranquillement, patiemment la reprise des cours. Le désir de m'y essayer m'oppressait. Lors d'un cours de mathématique, j'ai eu enfin une impression flou d'une chose qui sortait de mes habitudes. J'ai pris mon encre de chine, et doucement, je traçais un premier trait, puis un autre, puis un autre.

A la fin, j'ai obtenu moi aussi, MON sucre, mon premier sucre.

Avec une fierté certaine, je montrais ce sucre à R. il me demanda ce que c'était. J'ai eu envie de répondre "un café pour accompagner ton sucre", j'ai préféré dire "un dessin comme le tien. tu sais comme le sucre que tu m'as montré la dernière fois".

Et mon premier acte de rébellion contre l'ordre de chose, ma première révolte publique, n'eut comme seule réponse, un " ah ! si tu le dis" . Triste de sa réaction, j'ai repris mon dessin. Le soir venu, je l'ai raturé, déchiré, et jeté.

... pourtant, dès le lendemain, j'ai eu envie d'en refaire un autre que je garderai pour moi.

mercredi, août 6 2008

Eloge de la douleur

Dimanche après midi, lors d'une des salves, je n'arrivais pas à penser à autre chose que cette douleur terrassante qui me déchirait le visage. Alors ne sachant que faire, ne sachant quoi faire et voulant à tout prix exprimer ce que je vivais, j'ai dessiné.

Il y eu un premier trait, un second. Des courbes naquirent puis des formes apparurent. Je ne savais pas ce que je dessinais mais je savais qu'il fallait que je le dessine ainsi. De cet enchevêtrement de traits et courbes firent transparaître une forme familière. Quand j'ai fini ce dessin, j'ai plongé dans mon lit pour essayer de faire passer la douleur puisqu'aucun médicament ne voulait faire effet.

Lorsque que je me suis sentie mieux, j'ai regardé ce que j'avais dessiné ... c'était un visage hurlant sa souffrance ... SA000001.JPG