Nathoo's blog

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mardi, août 19 2008

et d'une traction nationale

J'ai parlé jeudi dernier d'une tendance dès l'école à me me satisfaire d'une certaine médiocrité. Cela peut paraître étrange, et surtout cela dérange. Il s'avère qu'au début, j'essayais de briller non par envie d'entrer en compétition, ou de satisfaire quiconque, juste parce que j'étais plutôt douée voire très douée pour mon age.

Mais, cette excellence n'était pas compatible avec mes professeurs. A l'école primaire et au collège les profs faisaient remarquer pour ne pas dire reprochaient à mes parents les questions que je posais en cours. Oui, cela passait des dinosaures, à la génétique, en passant par les probabilités, le calcul intégral, la mecanique du solide, les circuits logiques et tant d'autres sujets.

Au lieu de m'inciter à aller au bout de mes limites, et à l'instar de mes petits camarades, les professeurs ont par moment su déployer de nombreux stratagèmes pour essayer de m'humilier. Le seul qui ait réussi fut en math sup où j'ai jetté l'éponge définitivement après qu'il ait passé un trimestre à ne corriger quasiment aucune de mes copies sous des pretextes tous plus ou moins fallacieux. Ce professeur a réussi là où d'autres ont échoué.

J'ai donc dans certaines matières appris à développer des stratagèmes pour passer inaperçu, la méthode la plus efficace était de dormir la moitié du temps d'un devoir sur table, puis de faire le contrôle avec moitié moins de temps que les autres. Le résultats était souvent à la hauteur de mes espérances : je paniquais, faisais des erreurs à la con, n'avait pas le temps de finir ... conclusion la note était mauvaise.

Ainsi, dans la quasi totalité des matières, j'arrivais à obtenir un certain calme, moins d'agressivité de mes camarades, moins d'agressivité de mes profs, j'avais juste à dessiner en cours, dormir la moitié du devoir sur table, et paniquer sur l'autre moitié. Cela offrait néanmoins certaines limites dans les domaines scientifiques. même avec moitié moins de temps, j'arrivais souvent à réussir sans stress les épreuves scientifiques.

Pour le bac, j'ai réussi brillamment les premières épreuves, et donc pour les épreuves finales, j'ai passé mes soirées en boîte. Je l'ai eu du premier coup avec 11 de moyenne. Je visais le rattrapage, j'ai foiré mon plan :(

Cela n'a pas empêché mon prof de physique favori avec qui je m'entendais très bien et avec qui j'avais plaisir à discuter, de me motiver à aller en math sup car à ses yeux, je m'y épanouirais. Il est vrai qu'avec ce professeur, je prenais plaisir à creuser certains sujets, et il me semble que vu le temps qu'il a passé à discuter avec moi, il y trouvait aussi une satisfaction.

Après, il y eut cette classe de math sup où un prof qui n'aimait pas que je lui sucre ses "pauses en cours", a décidé de me faire la peau. Et il a réussi. La santé ne m'ayant pas aidé non plus, j'ai jeté l'éponge. Et quand j'ai essayé de reprendre la fac à deux reprises, j'étais brisée intérieurement, laminée, finie. Je n'ai jamais pu aller au delà du premier semestre à chaque fois, quand bien même je réussissais, j'étais profondément dégoutée.

Un grand merci à l'éducation nationale qui a su former la cinquantaine de profs qui se sont acharnés consciemment ou non, volontairement ou involontairement, sur ma personne et qui ont réussi à me briser. Aujourd'hui, j'ai toujours le goût de l'étude, de l'apprentissage. Si je veux apprendre un sujet, j'achète les livres. Mais, je n'ose plus demander à une personne de m'enseigner de peur de revivre cela Et pourtant, j'ai toujours cette soif d'apprendre ...

jeudi, août 14 2008

prélude à la nouveauté

J'ai commencé il y a quelques jours ce blog. Si au début, l'inspiration me venait facilement. Aujourd'hui, il n'en est rien. Je pourrais blâmer cette migraine qui m'assaille le crâne depuis le début de la semaine, ou les salves d'AVF qui viennent s'y superposer. mais cela serait me mentir que d'essayer de croire que ce n'est que cela qui nourrit ce vide. Je pourrais blâmer ma mère pour son attitude ridicule mardi dernier à utiliser tout un registre discursif que je n'avais jamais entendu dans sa bouche. Mais encore une fois, la profonde tristesse qui en découle n'est pas responsable de ce vide.

Je me souviens que J. , qui admirait Jean Genet, m'avait dit en substance qu'il faut avoir souffert pour avoir quelque chose à écrire de beau. Il me parait évident qu'il est nécessaire d'avoir un support d'expression pour arriver à exprimer quelque chose. Et si la souffrance qui est un des lieux communs émotionnels, reste une évidence affligeante, il me semble que le plaisir peut être un support d'expression. Toujours est il, que ce n'est ni mes souffrances ni mes plaisirs qui me coupe la chique.

Je n'ai jamais vraiment fait d'effort dans ma vie. Je ne parle pas d'une aisance financière dont je ne dispose pas. Je parle au niveau de l'effort qui permet de produire un résultat. Si par moment, j'ai eu des accès d'excellence, je me suis trop souvent contentée d'une certaine médiocrité qui satisfaisait les autres. Que cela soit à l'école, au collège, au lycée, et dans les différents postes que j'ai pu occuper.

Mon seul défi sérieux que j'ai relevé est la communication orale ; essayer de comprendre les autres, essayer de me faire comprendre. C'est pourquoi plus le temps passe et plus je me tourne vers ce qui représente un défi pour moi : l'expression.

Ce soir, je n'avais rien à dire. Ce soir, je n'avais pas envie d'écrire. Ce soir aurait pu être un soir comme n'importe quel autre jour de ma vie où je suis mon inspiration et mon intuition. D'un point de vue technique, elles répondent souvent à l'ensemble des attentes. Quand il s'agit de communiquer, elles peuvent être très utiles, mais sans domestication elles restent des alliées bien capricieuses.

Je ne sais pas si j'y arriverai. Puisque je tend vers la conclusion de ce billet, il me plait à penser que ce soir est le premier soir où je fais un effort d'écriture pour domestiquer mon inspiration et mon intuition. Des talents en friche depuis des années ne se domestiquent pas en un soir, mais ce soir ressemble à un premier pas vers l'inconnu.

PS : Ce billet ne me satisfait pas. Je me trouve puante dedans. Il y a quelque chose qui me dérange dans sa construction. Je n'arrive pas à l'identifier. peut être est ce simplement parce que je parle d'une chose qui crée un malaise en moi ...

dimanche, août 10 2008

La preuve d'amour

J'ai fait bien des erreurs dans ma vie. A contrario de certains, elles viennent souvent me hanter. Au début, ces souvenirs incessants me terrifiaient, me dévoraient. Puis le temps aidant, j'ai compris que ce qui se passait dans ma tête pouvait être cantonné uniquement à celle-ci. Pourtant, un souvenir m'interroge souvent depuis deux ans ...

J'ai eu un accident où j'ai failli mourir, mais ce n'est pas cet évènement qui m'importe, mais une de ses conséquences. J'étais en couple à cet époque. Elle était terrorisée. Elle se sentait coupable de cet accident. Elle avait besoin de réconfort. Elle avait besoin d'amour. J'ai pris sur moi, j'ai essayé d'être là, mais cela m'était impossible. Je me vidais. Je convulsais. Je souffrais.

Entre le décès de ma soeur et cet accident, je vivais une désolation tant physique que psychique. Je perdais ma mémoire, je perdais mon histoire, je perdais ma cohérence, je perdais ma raison. Tout me quittait. Seule, elle restait près de moi. Quand bien même elle ne put être à la hauteur, je la remercie encore aujourd'hui du fond du coeur, de ce qu'elle a pu m'apporter à cette époque. Je pourrais ressasser les mauvais souvenirs, je préfère m'en tenir à l'agréable.

Quant on parle de preuve d'amour, en un premier temps, l'on pense à des cadeaux, des offrandes. Puis doucement, le luxe laisse place à des choses plus simples. Puis les choses laissent placent à des évènements, les évènements aux aux actes, les actes aux gestes, les gestes aux discours, les discours aux mots, les mots aux silences d'un sourire. Non, je ne parle pas d'elle, de ce qu'elle a fait, de ce qu'elle a essayé, de ce qu'elle n'a pas pu, de ce qu'elle a détruit, mais de moi. Oui, égoïstement, je parle de moi.

A cette époque, je lui ai dit ce qui me semblait une vérité profonde, ce qui se voulait à mes yeux un acte d'amour, lui dire une vérité. mon corps mon âme sont ravagés. La personne que tu as connue n'existe plus. J'ai besoin de me reconstruire. Je ne peux plus t'offrir ce dont je fus capable avant. J'ai besoin de reprendre des forces. Mais je te promet, je serai bientôt de nouveau à tes cotés. Je t'aime lui ai je dit.

J'ai cru que c'était une preuve d'amour que d'avoir été sincère avec elle. Les faits ont apporté la preuve que cette phrase fut le prélude à la destruction finale de notre couple. Elle a vécu cela comme un abandon de la seule personne qu'elle croyait la soutenir. Elle déchaîna sa colère, son courroux, les foudres de l'enfer et les cavaliers de l'apocalypse sur notre couple. Je devins l'origine de tous ses maux. Je l'avais trahi.

Mais à mes yeux, il n'en était rien. Aujourd'hui, cette phrase me hante, et je ne sais toujours pas ce qu'elle pouvait signifier. Je n'en cherche aucune explication car bien souvent dans ces histoires, le remède se révèlent souvent pire que le mal.

vendredi, août 8 2008

mort d'un fantôme

Au début, je sentais encore son odeur. Un jeu de lumière me suffisait pour que j'y vois sa présence. La moindre trace d'ombre fugace, était pour moi, elle tapie en son sein. Je croyais l'entendre par intermittence, mais ce n'était jamais elle. Une silhouette au loin était nécessairement la sienne.

Au début, cela me troublait. Puis, j'ai entamé sa recherche. N'importe qui aurait pu être elle. Elle aurait pu être n'importe qui autour de moi. Je n'ai pas eu le droit d'avoir satisfaction lors de ma demande de la voir quand cela était encore possible. Je n'avais rien pour m'appuyer, aucun support à ancrer et à chérir. Je n'avais qu'une image maquillée et un sac-sourire.

Mais il fallait que je m'y fasse. Celle qui me rejeta quand je lui ai souhaité bonne année, celle que me rappela bien plus tard pour me dire qu'il fallait que je lui laisse le temps que ses plaies cicatrise pour qu'elle puisse enfin me parler, celle qui fut retrouvée morte à son domicile : ma petite soeur.

durant de longs mois, je t'ai cherché quotidiennement. Puis, doucement, les recherches se sont espacées. Je ne t'ai cherché plus que quelques fois dans la semaine, puis quelque fois dans le mois. Le temps passait et la recherche devenait de moins en moins nécessaire

Recemment, j'ai réalisé que j'avais fini par accepter que je ne saurais jamais ce qu'elle voulait me dire. j'ai fini d'oublier de te chercher.

Tu es morte depuis plus de 2 ans, et aujourd'hui, ton fantôme vient te rejoindre.

Reposez en paix.

jeudi, août 7 2008

Découverte d'un trait

Quand est ce que j'ai dessiné pour la première fois avec ce trait ? j'étais dans une file d'attente, une queue. je lui demandai : " au fait, R., qu'est ce que c'est ? ". R. me répondit " c'est un sucre ". Et il se mit à rire de bon coeur. Je regardai le trait noir au bic, les contrastes entre noir et blanc, les courbes, les lignes, les angles, les crocs, ...

Nous attendions pour prendre notre plateau repas à la cantine. C'était en classe de 1ère section E. J'étais en 1992, et je découvrais pour la première fois de ma vie un monde sans mon passé, un monde où je pouvais tout réinventer, tout reconstruire. J'avais envie de dessiner de manière compulsive.

J'en avais marre de ne dessiner que des corps mutilés, décharnés, hurlant peine et douleur, rage, colère et tristesse. Des visages difformes cachant un fatras de machine sous les chairs déchirées, des machines où des viscères pendantes sous leurs dernières traces d'humanité, des paysages désolés, des maisons détruites, peuplaient mon expression dès que je voulais m'exprimer ailleurs qu'en mon fort intérieur. J'avais besoin de m'exprimer autrement, de m'exprimer différemment. Ce trait fut pour moi, le premier pas d'une libération.

J'ai attendu tranquillement, patiemment la reprise des cours. Le désir de m'y essayer m'oppressait. Lors d'un cours de mathématique, j'ai eu enfin une impression flou d'une chose qui sortait de mes habitudes. J'ai pris mon encre de chine, et doucement, je traçais un premier trait, puis un autre, puis un autre.

A la fin, j'ai obtenu moi aussi, MON sucre, mon premier sucre.

Avec une fierté certaine, je montrais ce sucre à R. il me demanda ce que c'était. J'ai eu envie de répondre "un café pour accompagner ton sucre", j'ai préféré dire "un dessin comme le tien. tu sais comme le sucre que tu m'as montré la dernière fois".

Et mon premier acte de rébellion contre l'ordre de chose, ma première révolte publique, n'eut comme seule réponse, un " ah ! si tu le dis" . Triste de sa réaction, j'ai repris mon dessin. Le soir venu, je l'ai raturé, déchiré, et jeté.

... pourtant, dès le lendemain, j'ai eu envie d'en refaire un autre que je garderai pour moi.

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