J'ai parlé jeudi dernier d'une tendance dès l'école à me me satisfaire d'une certaine médiocrité. Cela peut paraître étrange, et surtout cela dérange. Il s'avère qu'au début, j'essayais de briller non par envie d'entrer en compétition, ou de satisfaire quiconque, juste parce que j'étais plutôt douée voire très douée pour mon age.
Mais, cette excellence n'était pas compatible avec mes professeurs. A l'école primaire et au collège les profs faisaient remarquer pour ne pas dire reprochaient à mes parents les questions que je posais en cours. Oui, cela passait des dinosaures, à la génétique, en passant par les probabilités, le calcul intégral, la mecanique du solide, les circuits logiques et tant d'autres sujets.
Au lieu de m'inciter à aller au bout de mes limites, et à l'instar de mes petits camarades, les professeurs ont par moment su déployer de nombreux stratagèmes pour essayer de m'humilier. Le seul qui ait réussi fut en math sup où j'ai jetté l'éponge définitivement après qu'il ait passé un trimestre à ne corriger quasiment aucune de mes copies sous des pretextes tous plus ou moins fallacieux. Ce professeur a réussi là où d'autres ont échoué.
J'ai donc dans certaines matières appris à développer des stratagèmes pour passer inaperçu, la méthode la plus efficace était de dormir la moitié du temps d'un devoir sur table, puis de faire le contrôle avec moitié moins de temps que les autres. Le résultats était souvent à la hauteur de mes espérances : je paniquais, faisais des erreurs à la con, n'avait pas le temps de finir ... conclusion la note était mauvaise.
Ainsi, dans la quasi totalité des matières, j'arrivais à obtenir un certain calme, moins d'agressivité de mes camarades, moins d'agressivité de mes profs, j'avais juste à dessiner en cours, dormir la moitié du devoir sur table, et paniquer sur l'autre moitié. Cela offrait néanmoins certaines limites dans les domaines scientifiques. même avec moitié moins de temps, j'arrivais souvent à réussir sans stress les épreuves scientifiques.
Pour le bac, j'ai réussi brillamment les premières épreuves, et donc pour les épreuves finales, j'ai passé mes soirées en boîte. Je l'ai eu du premier coup avec 11 de moyenne. Je visais le rattrapage, j'ai foiré mon plan 
Cela n'a pas empêché mon prof de physique favori avec qui je m'entendais très bien et avec qui j'avais plaisir à discuter, de me motiver à aller en math sup car à ses yeux, je m'y épanouirais. Il est vrai qu'avec ce professeur, je prenais plaisir à creuser certains sujets, et il me semble que vu le temps qu'il a passé à discuter avec moi, il y trouvait aussi une satisfaction.
Après, il y eut cette classe de math sup où un prof qui n'aimait pas que je lui sucre ses "pauses en cours", a décidé de me faire la peau. Et il a réussi. La santé ne m'ayant pas aidé non plus, j'ai jeté l'éponge. Et quand j'ai essayé de reprendre la fac à deux reprises, j'étais brisée intérieurement, laminée, finie. Je n'ai jamais pu aller au delà du premier semestre à chaque fois, quand bien même je réussissais, j'étais profondément dégoutée.
Un grand merci à l'éducation nationale qui a su former la cinquantaine de profs qui se sont acharnés consciemment ou non, volontairement ou involontairement, sur ma personne et qui ont réussi à me briser. Aujourd'hui, j'ai toujours le goût de l'étude, de l'apprentissage. Si je veux apprendre un sujet, j'achète les livres. Mais, je n'ose plus demander à une personne de m'enseigner de peur de revivre cela Et pourtant, j'ai toujours cette soif d'apprendre ...