Ayant besoin de me ravitailler un peu comme toute personne normale, je me dirige vers une superette non loin de chez moi. Clopin Clopant avec ma canne, j’ai rempli mon panier avec quelques menus aliments me permettant d’esperer me voir depasser l’espérance de vie moyenne en ce monde. je vais à la caisse prioritaire pour personne handicapée ( quand bien même je sois prioritaire à toutes les caisse
). Là, une personne me passe devant avec un caddy plein et un regard “je suis plus rapide que toi ! na ! “. J’interpelle la personne d’un “Excusez moi”, personne qui me dit de suite ” je suis avant vous ” comme si je pouvais douter un seul instant du fait de sa présence dans cette file d’attente. Moi, avec un grand sourire, je lui réponds “ne vous inquietez pas, j’ai une carte prioritaire”. elle me répond grimaçant : “il faut bien que vous profitiez des avantages en faisant le grimace”. et moi, lui retorque du tac au tac : “oh ! mais je vous la donne si vous voulez, les inconvenients avec ! “. Et cette personne de finir “heu … non merci … ca ira”. Dans notre “belle société” qui prone l’individualisme, la compétition, les classements et étiquetages de tout et n’importe quoi, cette attitude de revendiquer “sa” place, “sa” position, “son” espace, “ses” droits, est commune, normale, banale, évidente. Mais notre “belle société” oublie que en certaines circonstances, de part les étiquettes imposées, il y en a certaines où il faille se taire et simplement respecter l’autre car c’est ainsi que l’on expose sa place. Il est des moments où revendiquer “sa” place, passe nécessairement par le fait de se mettre en retrait, de s’effacer un peu, de se retirer. “On”, ces deux tiers d’un con, se doit aussi de savoir où “sa” position est parmi les autres. Et si une personne présentant un handicap arrive à une caisse handicapée, au lieu d’argumenter, il est préférable de se taire et de se reculer. Ainsi, plutôt que de voir encore un “avantage social acquis”, voir que cette carte n’est là que pour permettre à la dite personne de moins souffrir de son état tout en menant un semblant de vie normale. Ainsi toutes arguties, dès la révélation de la carte ne peut que devenir mépris, humiliations et insultes que cela soit explicite dans le propos et l’attitude ou plus insidieux par une tentative de sauver sa propre face grâce à des pirouettes déplacées.